15.09.2010
Le Commissaire Maigret à Porquerolles
«La mer était d’un bleu incroyable, comme on en voit sur les cartes postales, et là-bas à l’horizon, une île s’étalait paresseusement au milieu de la surface irisée, avec des collines très vertes, des rochers rouges et jaunes. Au bout de la jetée en planches, une barque de pêche attendait, peinte en vert pâle, avec un liston blanc.»
Mon Ami Maigret, 1949.
Personnage né sous la plume de l’écrivain belge Georges Simenon, Le Commissaire Divisionnaire de la Police judiciaire Française est un fumeur de pipe, peu bavard, un peu lent, et grand amateur de la Blanquette de veau que lui cuisine Madame Maigret. Il mène ses enquêtes à Paris et en Province, à travers une centaine de romans, instantanés inestimables de la France des années trente à soixante. Maigret écoute et essaie de se mettre à la place des gens plutôt que d’accumuler des preuves pour résoudre les énigmes.
Georges Simenon, destiné par sa famille à la prêtrise, se découvre vers l’âge de douze ans une vocation pour l’écriture de roman et une passion pour le sexe opposé.
En 1919, à seize ans, il doit abandonner ses études et entre comme reporter à La Gazette de Liège où on lui confie…la rubrique des ‘‘faits divers’’. Il fait l’expérience de l’écriture réactive et sensationnelle et publie sous différents pseudos plus de 150 articles traitant des affaires criminelles et du ‘‘Milieu’’. Plus tard, à Paris, toujours aussi prolifique, il livre ses billets aux hebdomadaires satiriques comme l’Humour, Le Merle Blanc, Frou-Frou… et, en une matinée à la table d’un café, Le Roman d’un Dactylo écrit le premier d’une série de mille romans et contes populaires édités le journal Le Matin.
Il fréquente Colette et le Tout-Paris des années folles, épouse Tigy et devient l’amant de Joséphine Baker qui a vingt ans et danse pour la Revue Nègre. C’est en 1924 qu’il découvre Porquerolles
où il loue une villa en 1926. Tigy y meurt en 1985.
Simenon nourrit une passion pour l’eau, les canaux et la mer. Il entreprend des croisières, souvent longues, sur les canaux français, en Méditerranée puis autour du monde. Autant d’occasions de reportages que de lieux d’inspirations. Mais il aime surtout observer la vie des marins et tenir des carnets de bord. Le romancier-vapeur, surnom que lui vaut de pouvoir boucler l’écriture d’un roman en une semaine, se fait construire un cotre de dix mètres baptisé Ostrogoth et passe son brevet de Capitaine au long cours, alors que Tigy s’initie à la mécanique en prévision de futures expéditions. C’est à bord de ce bateau, amarré sur les bords de Seine et où il vit durant plus de deux ans qu’il écrit, à la demande de Joseph Kessel, pour la revue Détectives, une série de nouvelles où apparaîtra pour la première fois, en 1930, l’inspecteur Maigret. Il situera à la Rochelle, qu’il affectionne, au moins quarante titres mais c’est à Lausanne que Simenon meurt à 86 ans, comme il l’a toujours souhaité : ‘‘vieux et enfin apaisé. Innocent comme un enfant de chœur’’
En 1952, de retour des Etats unis où il s’est exilé cinq années, Simenon reçoit officiellement à Paris, au siège de la Police Judiciaire, du 36 Quai des Orfèvres une plaque de Commissaire n° 0000 au nom de Maigret.
Jean MERIEN
UN PRECURSEUR OUBLIE : Jean MERIEN
Qui est Jean Mérrien ? Premier indice : né en 1905, de son vrai nom René de la Poix de Frémenville, cet écrivain prolixe mérite bien une rubrique à la croisée des "Portraits de marins" et "Au Fil des Pages". Second indice qui favorisera les plus âgés de nos caboteurs : cet écrivain a servi et sert toujours de référence aux grands noms de la littérature maritime. Un véritable maître à penser des premières générations de plaisanciers.
Jean Mérrien est un historiographe de l’aventure maritime, chantre de la plaisance et du cabotage avant l’heure. Un passionné de la mer dès son plus jeune âge. Il a écrit de nombreux manuels d’initiation au bateau et à la croisière, des récits de navigateurs solitaires, des livres d’histoires de bateaux et de grands Yachts, des guides de voyage et autres nouvelles et romans autour de la mer et des marins. Il a entre autres ouvrages donc, rédigé Un Dictionnaire de la Mer entre 1944 et 1958 avec plein d’illustrations en style ancien de Bernard Duval… Autant dire qu’on n’y trouvera pas la définition du GPS mais une somme sur le langage des marins et la pratique de la voile – les sous-titres de ce dictionnaire. Cette véritable et vénérable bible des plaisanciers a longtemps concurrencé le mythique
"Cours des Glénans !!!"
Ce dictionnaire récemment réédité, est un régal pour les caboteurs curieux certes des termes et de la langue maritimes mais aussi des principes marins et de la navigation comme du rêve auxquels ils renvoient. Bien sûr, il est vite devenu obsolète avec le développement de la plaisance tout plastique et tout électronique, mais les définitions et les illustrations vieillottes au fil desquelles notre curiosité est piquée au vif à chaque page, dégagent un charme et des renseignements qui poussent à aller plus loin dans la lecture !
Un exemple (pris au hasard…) : c’est quoi un caboteur ? Le Petit Robert satisfait à la tradition minimaliste et en escalier : CABOTEUR : marin qui fait le cabotage. CABOTAGE, n.m 1678 : navigation à distance limitée des côtes…
Avec le Dictionnaire de la Mer, les réponses sont certes à tiroir mais bien plus complètes. A Caboteur on a : navire faisant le cabotage ou le bornage. Et cabotage ? Nom masculin qui viendrait de deux celui de navigateurs, les Cabots aux XVe et XVIe siècles ou de l’espagnol cabo, cap. C’est une navigation de commerce à plus grand rayon d’action que le bornage mais plus petit que le long court…
Ah, on est bien dans un dictionnaire … Voyons bornage : mode de navigation pour bateaux de moins de 100 tonneaux, dans un rayon de 65 milles du port d’armement… Hum !!! Pus précis mais pas sûr que tous les caboteurs d’aujourd’hui entrent dans cette définition…
Jean Mérrien : Dictionnaire de la Mer, réédition 2001, Omnibus Édit. ISBM 2-258-05560.1
Édition 2010 de Cabotages.Méditerranée et l’esprit "marin" de la Méditerranée
Dans cette édition 2010 de cabotages, il est beaucoup question de sécurité et de responsabilité. Les bateaux, les équipements, la science de la météo… Pour ouvrir ce chapitre qui ne se referme jamais, nous avons demandé à deux grands marins, un amiral de la Royale et un champion de voile, de nous dire ce qu’est pour eux l’esprit "marin" de la Méditerranée. Nous retranscrivons ici la substance de leurs propos.
Mais commençons par une voix du passé récent, Jean-François Deniau, ancien ministre et académicien :
Jean François Deniau
, fondateur des Écrivains de marine, "voileux" de toujours : "DE VRAIS PÊCHEURS ET DE GRANDS MARINS"
« Bien que n’en étant pas originaire, j’ai lutté contre les appréciations peu flatteuses concernant son caractère maritime du style : "ce n’est pas une vraie mer", définition du pêcheur marseillais : "c’est le mari de la femme qui va chercher le poisson à la gare", « Sainte Vierge, protégez les marins qui sont au port, les autres qu’ils se démerdent" dit avec l’"assent" bien sûr.
Parce qu’il y a du soleil, on croit qu’il fait toujours beau. Mer à part, certes, mais mer capricieuse et d’une grande violence exigeant parfois plus de qualités maritimes que l’océan. Elle ne prévient pas. L’empereur Charles Quint a fait, à propos de ses dangers, l’une des plus belles remarques maritimes que je connaisse : "il n’y a que deux bons ports en Méditerranée, Carthagène et le mois de juin".
J’ai navigué à la voile (Ndlr : en Méditerranée) sur mon petit yawl Laërtes pendant plus de dix ans (…). J’ai rencontré de vrais pêcheurs et de grands marins. »
Extrait "Méditerranée" du Dictionnaire Amoureux de la Mer et de l’Aventure, Plon, 2002.
Vice-amiral d’escadre Yann Tainguy, préfet maritime de la Méditerranée
: "LA CARTE POSTALE EST TROMPEUSE"
La Méditerranée a l’image d’une carte postale : des calanques à l’eau transparente, des plages, une mer bleue et calme… Vous ne verrez jamais ni Mistral ni coup d’Est. Curieusement, l’Atlantique des cartes postales a des vagues, du vent, des phares dans la tempête. L’image de la Méditerranée auprès de ceux qui viennent y naviguer pendant l’été – et ils sont plus nombreux qu’ailleurs – est la cause de bien des imprudences. C’est très préoccupant. De mars 2009 quand j’ai pris mes fonctions, à mars 2010, nous avons fait 2.600 interventions de sauvetage impliquant 5.800 personnes parmi lesquelles il y a eu 27 morts et 6 disparus. Un mort tous les dix jours pour la côte méditerranéenne française et la Corse.
Les causes sont de trois ordres qui se ramènent – presque – toutes à la question du temps du vacancier, essentiellement citadin, en tout cas pas marin.
Il veut profiter tout de suite : pas de préparation matérielle ou physique. C’est surtout vrai pour la plongée qui connaît de plus en plus d’accidents, non pas à cause des clubs, très professionnels, mais des pratiquants.
Il veut profiter le plus longtemps : la météo devrait imposer sa loi au calendrier des vacances, or c’est le contraire qui se produit. Les plaisanciers commettent des imprudences pour "être à l’heure".
Il veut aller vite : la vitesse, avec les grands yachts comme avec les jet-skis, les gens vont trop vite. Lors d’une opération "coup de poing" que nous avions menée dans la baie de Saint-Tropez, il y avait tellement d’infractions que nous n’avions pas assez de personnel pour verbaliser tout le monde !
Un gros travail de prévention à mener et ce travail – notamment grâce aux médias – doit être mené en amont, pour corriger l’idée que les gens se font de la Méditerranée.
Bruno Jeanjean
, capitaine du port de Palavas, détenteur du Trophée Jules Verne : "IL FAUT DE GRANDES COURSES À LA VOILE"
Ici, c’est une mer casse-bateaux. La houle est courte, le vent violent et imprévisible en force et en direction. Il ne fait pas la prendre à la légère, c’est un fait que ceux qui naviguent régulièrement en Méditerranée ont compris.
Le plaisancier a des abris à peu près partout pour se mettre en sécurité. Mais la côte peut être un danger et il faut savoir s’en méfier, ce que les gens de la course au large savent paradoxalement très bien !
Quant à dire qu’il y a moins d’esprit "marin" en Méditerranée… je dirais que la voile est devenue un sport majeur pour les Bretons. Même en hiver, sur l’Atlantique comme sur la Manche, vous verrez tous les week-ends des bateaux sortir. Ici, regardez, un jour comme aujourd’hui (ndlr : début du printemps, soleil, force 4 de Nord-Ouest), on voit deux voiles dans toute la baie d’Aigues-Mortes. Si on retire les écoles de voile qui font sortir leurs élèves…
Pour arriver à donner une image et à créer un esprit marin, il faudrait qu’on puisse organiser en Méditerranée de grandes courses à la voile où de grands marins s’engageraient sur de beaux projets. Mais, pour l’instant, nous n’avons pas de course référente et que des petites organisations. Regardez l’image maritime que les villes atlantiques qui sont devenues les points de départ des grandes courses ont acquise !
Propos recueillis par C.N.
24.09.2009
Une agréable découverte
Bonjour,
je vie dans le Gard depuis plus de 30 ans j'ai découvert cette région au hasard de promenades (vignobles sites resto)et des gens géniaux a qui je veux faire découvrir ma région d'origine Marseille et les BR et là a la capitainerie de Marseille je découvre cabotages enfin le support riche de reportage de photos et de bonnes adresses de mon coin.Grâce a votre journal je ramène Marseille sur un plateau aux gardois.Je part sur la cote vermeil et grâce a cabotage que vais m'empresse d'allé récupéré dans un office de tourisme local je suis moins en région inconnu merci pour toutes ces infos moi qui ne suis pas un marin mais un méditerranéen.
Merci et bonne vie
Alain du Gard










